Interview d’une Major (4/4)

Le CD sous toutes ses formes actuelles

Le CD sous toutes ses formes actuelles

Le dernier volet de cet entretien avec un représentant d’une Major pour analyser la situation (2006).

Stéréotype de consommateur

Il y a tellement d’études différentes. L’étude de Jupiter rapporte que les habitudes en matière de musique et de téléchargement en Europe. On y apprend que 44% des internautes européens n’ont jamais téléchargé de musique; 22% ne paieraient pas pour télécharger de la musique en ligne. Ces chiffres ne veulent pas dire grand chose et ça change d’un pays à un autre. Ce sont ceux qui ont  du temps qui sont le plus susceptibles de télécharger. Si on télécharge autre chose que Madonna, ça prend du temps de trouver les morceaux, de vérifier si les dossiers sont intacts… c’est une activité à part entière. Surtout à l’époque des connexions bas débit et avant que BitTorrent n’arrive, car ce logiciel est vraiment efficace. Il y a beaucoup de réseau P2P, chaque plateforme  a un caractère différent et leur popularité varie suivant le contenu, s’ils sont procès ou s’ils subissent une enquête.

Le CD

Pour ceux qui achètent des CD, c’est une question de bonne conscience, pour d’autres c’est par peur des spywares et autres virus. Pour d’autres encore, leur principal accès Internet se trouve au bureau où ils peuvent utiliser iTunes mais pas les P2P. Certains choisissent d’acheter l’album d’un groupe dont ils sont fans mais de télécharger tout le reste. D’autres achètent l’album pour la qualité. Chacun suit son intérêt. Maintenant, quand un album sort, on propose la version CD basique et la version Deluxe en édition limitée, pour les fans, avec un livret complet, avec photos inédites. A l’époque du Vinyle, il y avait cette relation à l’objet, maintenant certains ne veulent plus que la musique.

Les avantages du P2P

Dans sa version actuelle, les avantages que le P2P présente ont leurs inconvénients. La diffusion rapide de la musique à une échelle globale est un avantage. Dans l’ancien modèle de bouche-à-oreille le fait de ramener du monde au concert n’était pas un avantage parce que le label ne faisait pas de profit sur les tournées. Dans le nouveau modèle, la relation à l’artiste est un avantage parce que nous touchons un intérêt sur tournées et les produits dérivés. Ce phénomène a chamboulé les maisons de disques qui auparavant se contentaient d’enregistrer la musique. Maintenant, en plus, on place les chansons dans les programmes télé, les films, les jeux vidéos, on organise les tournées, on crée les produits dérivés… Au bout du compte, au fil des années, on attachera peut-être moins d’importance à la musique.

Solutions alternatives

Dans cette période de changements, il y a beaucoup de modèles différents. Un qui est particulièrement intéressant est la publicité sur les plateformes de musique digitale où on peut télécharger gratuitement. Mais ça implique encore que la musique est gratuite ou devrait l’être. Les sonneries représentent une part importante des chiffres de vente en digital. Certains en achètent 2 par semaine. Le marché de la musique est maintenant segmenté plus précisément. La musique est là pour tout le monde, mais on la veut pour des raisons différentes. En ce moment, notre philosophie est d’essayer et de voir si ça marche, à la seule condition que ça ne détruise pas d’autres branches du business.

Une réponse vers «Interview d’une Major (4/4)»

  1. Pierre Bayou dit :

    Je vois bien le processus. De toutes façons, les auditeurs ne peuvent pas écouter plus de 24 heures de musique par jour. C’est comme les fumeurs pas plus de quatre paquets par jour ; à moins de se faire aider par le Mistral. L’album ou le coffret restera toujours le cadeau de choix, pour soi ou pour l’autre. Je vois mal un jeune homme tenter de séduire une jeune fille en lui glissant un CD enregistré en douce.
    L’auditeur achète un album et télécharge les reste des airs. Il n’en fera rien de mal ; ce qui peut lui arriver c’est d’en faire profiter ses amis qui auront envie d’en acheter un (ou de le copier). Il m’est arrivé de chanter des chansons de Charles Trenet devant des amis qui ont eu envie d’acheter le disque !
    Je pense au marcheur qui remplit sa gourde à une source. Une fois pleine, il la rebouche et profite de ce que l’eau continue de couler pour se rafraîchir la nuque et les cheveux ; où est le mal ?

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